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Région du Djôrô/PCSUD : le Laboratoire Citoyennetés facilite l’accès aux documents d’état civil pour les PDI et les personnes vulnérables

Dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de Renforcement de la Cohésion sociale dans le Sud du Burkina Faso (PCSUD), le Laboratoire Citoyennetés a lancé une vaste opération d’appui à l’établissement des pièces d’état civil au profit des personnes déplacées internes (PDI) et des populations hôtes vulnérables dans plusieurs communes du Sud et du Centre-Ouest, notamment Gaoua, Batié, Dano et Léo. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de promotion de la paix, de la citoyenneté et de la cohésion sociale dans ces localités.


Pour de nombreuses personnes déplacées internes, l’absence de documents d’état civil constitue un obstacle majeur à l’accès à plusieurs services essentiels. Actes de naissance, cartes d’identité et autres documents administratifs sont souvent indispensables pour bénéficier des services sociaux de base, s’inscrire à l’école, accéder aux soins de santé, participer à certaines activités économiques ou encore exercer pleinement leurs droits civiques.

Sur le site de Gongonbili, plusieurs enfants accompagnés par leurs parents pour l’établissement de leurs actes de naissance.

Le Laboratoire Citoyennetés, en étroite collaboration avec la Direction générale de la modernisation de l’état civil (DGMEC), l’Office national d’identification (ONI), les tribunaux départementaux ainsi que les mairies, a accompagné les bénéficiaires dans les démarches administratives nécessaires à l’obtention de ces documents. Au total, 2 000 actes d’état civil ont été délivrés dans le cadre de l’opération. Des équipes ont été mobilisées sur le terrain afin d’identifier les personnes concernées, de les orienter et de faciliter les procédures auprès des services compétents.

Une vue lors des prises de photos pour l’établissement de la carte de l’AES.

À Gaoua, l’activité s’est déroulée sur deux sites, à savoir Bakonon et Gongonbili. L’engouement était visible et la mobilisation importante. Au total, 400 actes d’état civil, composés d’actes de naissance et d’extraits de naissance, ont été délivrés à 200 bénéficiaires. Par ailleurs, 100 cartes d’identité de l’AES ont également été établies au profit des populations concernées. Le plus jeune bénéficiaire est âgé de six ans.

Pour Kambou Maxime, président de l’Association Mixte pour le Développement Économique et Social du Burkina ( AMDE-B), par ailleurs collaborateur dans la mise en œuvre de l’opération, le choix des PDI et des personnes vulnérables comme bénéficiaires n’est pas anodin. « Cela permettra de soulager, tant soit peu, ces personnes qui ont dû fuir leurs localités en raison de la situation sécuritaire et qui se retrouvent aujourd’hui sans identité civile. C’est également une manière de favoriser leur réinsertion socioprofessionnelle. Cette action contribuera au renforcement de la cohésion sociale et de la paix dans les localités concernées », a-t-il affirmé.

Sur le site de Bakonon, le plus jeune bénéficiaire de la carte de l’AES a 6 ans.

Ouédraogo Justine, personne déplacée interne résidant à Gongonbili, a exprimé sa joie et sa reconnaissance à l’égard de cette initiative. « Je suis venue établir les actes de naissance de mes trois enfants. Depuis leur naissance, il nous était difficile de nous rendre à Gaoua pour accomplir cette démarche. Aujourd’hui, nous avons profité de cette opportunité pour le faire. Je suis très contente », a-t-elle confié.

De son côté, Sawadogo Abdoul Fatao s’est réjoui de pouvoir obtenir sa carte d’identité AES. « C’est ma première carte d’identité et je suis heureux que ce soit celle de l’AES. Je souhaitais l’obtenir depuis longtemps, mais faute de moyens, je n’avais pas pu entreprendre les démarches nécessaires. Je suis très heureux de faire partie des bénéficiaires aujourd’hui », s’est-il exclamé.

Abdoul Fatao SAWADOGO, bénéficiaire de la carte de l’AES.

Au-delà de sa dimension administrative, cette opération revêt une importante portée sociale. En permettant à des personnes souvent fragilisées par les effets de la crise de disposer d’une identité reconnue par l’État, le projet PCSUD contribue à renforcer leur inclusion sociale ainsi que leur sentiment d’appartenance à la communauté nationale.

Haoua OUÉDRAOGO, Observatrice civitac, Gaoua