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PUDTR : une expérience d’engagement citoyen portée par le Laboratoire Citoyennetés

Dans le cadre du Projet d’urgence de développement territorial et de résilience (PUDTR), le Laboratoire Citoyennetés (LC) assure la mise en œuvre du volet engagement citoyen. Fort de plus de vingt ans d’expérience en gouvernance locale et participation citoyenne, le LC a contribué à renforcer l’appropriation communautaire des investissements publics. Civitac est allée à la rencontre de son Secrétaire permanent, Armand Joseph KABORÉ, le 20 janvier 2026, à Ouagadougou, pour mieux comprendre les fondements et les résultats de cette démarche.

Organisation de recherche et d’action, le Laboratoire Citoyennetés a construit, au fil des années, une expertise singulière en matière d’engagement citoyen. En effet, sa démarche repose sur une stratégie d’intervention qui combine production de connaissances et actions de terrain, dans une logique d’innovation au service de la gouvernance locale.

Ainsi, les questions de participation citoyenne, de concertation et de redevabilité occupent une place centrale dans ses interventions. L’objectif est clair : renforcer les capacités des citoyens afin de leur permettre de mieux suivre les politiques publiques et d’accompagner les investissements publics, contribuant ainsi au bien-être collectif.

Dans ce contexte, le choix de confier le volet engagement citoyen du PUDTR au Laboratoire Citoyennetés n’est pas fortuit. Selon Armand Joseph KABORÉ, l’organisation disposait d’atouts solides. D’une part, elle capitalise plus de deux décennies d’expérience de terrain. D’autre part, elle a développé et éprouvé des approches efficaces en matière de suivi citoyen au niveau local. À cela s’ajoute une connaissance approfondie des réalités sociales, institutionnelles et culturelles du Burkina Faso, un élément déterminant pour la réussite d’un projet d’envergure nationale.

Armand Joseph KABORÉ, Secrétaire permanent du Laboratoire Citoyennetés.

Armand Joseph KABORÉ, Secrétaire permanent du Laboratoire Citoyennetés. Concrètement, cette expertise s’est traduite par un important travail d’information et de sensibilisation des communautés, des collectivités territoriales, des Organisations de la société civile et des citoyens. Par la suite, le Laboratoire Citoyennetés a procédé à la sélection d’organisations locales capables de porter le suivi citoyen et l’engagement communautaire. Cette sélection s’est appuyée sur des critères précis, notamment la capacité des organisations à s’inscrire durablement dans ce type d’initiatives.

Cependant, l’accompagnement ne s’est pas limité à cette phase. En effet, le LC a déployé un ensemble d’activités de renforcement des capacités, permettant aux organisations retenues de mieux comprendre les fondements de l’engagement citoyen, ses approches, ses outils ainsi que ses méthodes de travail. Ensuite, elles ont été appuyées dans l’élaboration de guides de collecte de données, avant d’être accompagnées dans l’analyse de ces informations. Ces données ont ensuite été remontées aux niveaux local et national, facilitant ainsi la prise de décisions, tant pour la réfection et l’entretien des infrastructures que pour la mobilisation autour de celles-ci.

Les membres du Comité de gestion de Pouytenga en formation sur la gestion et l’entretien des réalisations du Projet d’urgence de développement territorial et de résilience.

Avec le recul, les changements observés sont significatifs. En effet, là où les investissements publics étaient parfois perçus comme des apports extérieurs n’engageant pas les communautés, la démarche d’engagement communautaire a favorisé une véritable appropriation des infrastructures réalisées. Désormais, les communautés se sentent propriétaires de ces investissements et, par conséquent, responsables de leur animation, de leur entretien et même de leur pérennité. De plus, elles s’impliquent activement dans la surveillance des travaux, en amont, pendant et après leur réalisation.

Pour le Laboratoire Citoyennetés, ces résultats sont particulièrement encourageants. Car, comme le souligne son Secrétaire permanent, pour que les investissements profitent réellement aux populations, il est indispensable que celles-ci se les approprient pleinement et en fassent un objet d’intérêt collectif. C’est précisément cet objectif que l’accompagnement du LC dans le cadre du PUDTR a permis d’atteindre.

Au-delà du PUDTR, cette expérience se présente comme une référence pour d’autres projets de développement, au Burkina Faso comme ailleurs. En effet, l’impact réel d’un projet de développement se mesure avant tout à ses effets sur les citoyens et les communautés. Or, l’approche portée par le Laboratoire Citoyennetés démontre qu’en impliquant activement les populations dans la production des résultats, celles-ci deviennent coresponsables des bénéfices générés par les infrastructures.

La normalisation du Collège d’enseignement général de la commune de Fara par le PUDTR.

Dès lors, cette démarche apparaît comme une source d’inspiration pour tous les acteurs qui envisagent des investissements au niveau local. Car, sans l’adhésion et l’implication des communautés, nombre de projets peinent à prospérer une fois les financements achevés.

Bernadette KAMBIRÉ, Observatrice Civitac, Ouagadougou