Projet FASOVEIL: Le Laboratoire Citoyennetés place l’intelligence artificielle au service du suivi des politiques publiques
Le Laboratoire Citoyennetés a organisé à Ouagadougou, du 19 au 22 mai 2026, un atelier de formation sur l’Intelligence artificielle (IA) au profit des Organisations de la société civile partenaires du projet FASOVEIL. À travers cette initiative, les participants ont été outillés sur l’utilisation responsable et stratégique des technologies d’IA dans le suivi, l’analyse et l’influence des politiques publiques au Burkina Faso.
Dans un contexte marqué par l’essor rapide des technologies numériques, les Organisations de la société civile sont appelées à adapter leurs méthodes de travail afin de répondre plus efficacement aux enjeux de gouvernance et de veille citoyenne. C’est dans cette dynamique que le Laboratoire Citoyennetés a initié, du 19 au 22 mai 2026 à Ouagadougou, une formation dédiée à l’Intelligence artificielle au profit des partenaires du projet FASOVEIL.
Pendant quatre jours, les participants issus des OSC partenaires, des institutions nationales ainsi que des partenaires techniques et financiers ont été initiés aux concepts fondamentaux de l’Intelligence artificielle, à la maîtrise des outils numériques et aux méthodes d’utilisation adaptées au suivi des politiques publiques.
À travers cette session, le Laboratoire Citoyennetés entendait renforcer les capacités techniques des acteurs de la société civile afin qu’ils puissent exploiter les opportunités offertes par l’IA dans les domaines de l’analyse des données, de la production de contenus, de la communication institutionnelle et du plaidoyer citoyen.
Selon Joëlle ZOUNGRANA/TOUGMA, chargée de programme au Laboratoire Citoyennetés, cette initiative répond à une ambition claire du projet FASOVEIL. « L’ambition du projet FASOVEIL, à travers cette formation, était de permettre à ses OSC partenaires de comprendre les outils de l’Intelligence artificielle et de les utiliser de façon responsable afin d’en faire un levier d’amélioration de la gouvernance, de la veille citoyenne et du plaidoyer », a-t-elle expliqué.
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Elle s’est, par ailleurs, réjouie de l’implication des participants tout au long des travaux. « Au regard de la participation active des participants dans cette salle, je pense que nous avons atteint nos objectifs », a-t-elle affirmé, tout en espérant une amélioration qualitative des rapports produits par les organisations partenaires.
Au cours des différentes communications, les participants ont notamment appris à concevoir des instructions efficaces, communément appelées “prompts”, à paramétrer les outils d’Intelligence artificielle et à les personnaliser en fonction des usages professionnels.
Pour Amadou MAÏGA, conseiller en Sciences et techniques de l’information et de la communication et formateur principal de l’atelier, l’objectif était avant tout de permettre aux participants de comprendre le fonctionnement des outils IA avant leur utilisation pratique. « Les outils d’Intelligence artificielle fonctionnent sur la base des instructions », a-t-il souligné. Ainsi, les participants ont été amenés à expérimenter plusieurs méthodes de rédaction d’instructions, allant de la production de contenus simples à l’élaboration de documents plus complexes.
Le formateur a également insisté sur l’importance de l’analyse des données et des documents dans les processus décisionnels. Selon lui, les outils d’IA permettent aujourd’hui de traiter rapidement de grandes quantités d’informations, facilitant ainsi le travail des organisations engagées dans le suivi citoyen.

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Toutefois, Amadou MAÏGA a attiré l’attention sur les limites et les risques liés à une mauvaise utilisation de ces technologies, notamment le phénomène d’"hallucination" des outils IA. « Quand vous ne maîtrisez pas le sujet ou lorsque vous voulez aller trop vite, les outils peuvent produire des informations erronées », a-t-il averti, invitant les utilisateurs à faire preuve de rigueur et d’esprit critique dans la vérification des résultats générés.
Du côté des participants, la formation a suscité un réel enthousiasme. chargé de communication du Centre d’information, de formation et d’étude sur le budget (CIFOEB), Moustapha SONDÉ estime que cette session lui permettra de gagner en efficacité dans ses activités professionnelles. « Nous utilisions déjà certains outils d’Intelligence artificielle, mais pas de manière approfondie. Cette formation nous a permis d’acquérir des compétences plus poussées », a-t-il confié.
A l’en croire, les connaissances acquises seront progressivement partagées avec les autres membres de son organisation afin de renforcer les capacités collectives. Il envisage notamment d’utiliser l’IA dans la conception de visuels, la communication digitale ainsi que dans diverses tâches qui nécessitaient jusque-là beaucoup de temps.

Même satisfaction du côté de Nathalie MILLOGO, chargée de projet au Centre d’études et d’expérimentations économiques et sociales de l’Afrique de l’Ouest (CESAO). Déjà familière avec certains outils découverts sur les réseaux sociaux, elle voit dans cette formation une opportunité de perfectionnement professionnel. « À l’issue de ces quatre journées de travail, je suis stupéfaite et satisfaite de ce que j’ai appris », a-t-elle déclaré.
Évoluant dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, elle estime que l’Intelligence artificielle pourra améliorer significativement la qualité de ses rapports, de ses supports de sensibilisation ainsi que de ses productions audiovisuelles destinées à différents publics.
En misant sur le renforcement des compétences numériques, le projet FASOVEIL ambitionne de rendre les OSC davantage outillées pour assurer un suivi efficace des politiques publiques et promouvoir une gouvernance plus participative au Burkina Faso.
Bernadette KAMBIRÉ, Observatrice Civitac Ouagadougou


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