États généraux de la décentralisation au Burkina : le Laboratoire Citoyennetés partage son expertise
Le Laboratoire Citoyennetés a livré la leçon inaugurale des "États généraux décentralisation au Burkina Faso". Cette activité du ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité se tient du 10 au 12 septembre 2025. Elle a été lancée par le Premier ministre Jean Emmanuel OUÉDRAOGO, à la salle de conférences de Ouaga 2000 à Ouagadougou.
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S’inspirant du thème général de ces États généraux de la décentralisation : "Quelle décentralisation pour un développement local et une meilleure contribution à la sécurisation du territoire", le Secrétaire permanent du Laboratoire Citoyennetés a introduit sa communication en rappelant les attentes qui accompagnaient l’officialisation de la décentralisation au Burkina. « Cette décentralisation lancée dans les années 90 portait beaucoup d’espoirs et d’espérances. Ces espoirs, pour certains, ont été remplis, mais peut-être pour d’autres ils n’ont pas été remplis. Parmi les attentes fortes qui étaient exprimées en son temps, il y avait l’idée de la décentralisation qui puisse permettre de réconcilier les citoyens avec son État. Parce que le citoyen a subi la fracture et le traumatisme de la déconnexion entre son territoire, sa nation, sa culture et l’État moderne. Ce qui était aussi attendu était que cette décentralisation puisse permettre, à travers l’offre de service et les politiques publiques, de créer des conditions de confiance renforcée entre l’État et le citoyen. Ce rendez-vous semble avoir été manqué par moments », a signifié M. KABORÉ.

Il a évoqué quelques raisons qui ont conduit à ces manquements. Il a évoqué dans un premier temps le face-à-face entre les citoyens et leurs collectivités. Ces citoyens ont vu à travers la décentralisation, plus précisément à travers les élus locaux, leur messie. Deuxième temps : il cité le face-à-face entre les collectivités et l’État central, où les uns accusent les autres de ne pas donner des moyens. Il a enfin mis à l’index le défi sécuritaire qui a bouleversé les cartes.
Après ce diagnostic sur la décentralisation au Burkina, le Secrétaire permanent du Laboratoire Citoyennetés a évoqué les conditions de réussite d’une nouvelle décentralisation au Burkina Faso. Pour lui donc, il faut un modèle de décentralisation en phase avec nos défis, nos moyens et notre vision de transformation sociétale. Il faudrait également une administration municipale et centrale patriotique, intègre et orientée vers le développement. M. KABORÉ a signifié par ailleurs que le Burkina devrait avoir des exécutifs locaux légitimes, représentatifs des différentes sensibilités et capables de porter les aspirations. Il a enfin soutenu que les populations ne doivent pas rester en laisse. Car il faut une culture du dialogue de la redevabilité et de la responsabilité individuelle et collective.
Pour être plus pragmatique, Armand KABORÉ a préconisé les propositions soient faites en lien avec la gouvernance territoriale et des organes délibérants dans un premier temps. Il a aussi proposé que des suggestions soient faites en lien avec les services sociaux de base, le développement économique local, sans oublier la sécurité et la cohésion sociale.

Cette présentation du Laboratoire Citoyennetés a été appréciée par les participants qui n’ont pas manqué de manifester leur satisfaction. « J’ai bien apprécié la communication préliminaire qui fait l’état des lieux et qui fait également des propositions par rapport à cette nouvelle vision que l’on veut donner », témoigne sa Majesté le Razan Naaba de Kindi, ancien élu local.
Yves Joël YANOGO, Observateur Civitac, Ouagadougou
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